
Quand on regarde son portefeuille d’assurance-vie en ce moment, le constat est net : les fonds euros rapportent plus qu’il y a deux ans, et les arbitrages à faire pour 2024 demandent de composer avec des paramètres très différents de ceux de 2022. Entre la décollecte historique du Livret A, le renouveau des SCPI et les nouvelles contraintes réglementaires européennes sur le carbone, les décisions d’investissement se prennent sur des bases inédites.
Assurance-vie et Livret A : un basculement concret dans l’épargne des Français
Le fait marquant de 2024, c’est le décrochage du Livret A. La décollecte enregistrée sur le mois de mai 2024 atteint un niveau particulièrement élevé, signe d’un mouvement de réallocation significatif. Concrètement, les épargnants retirent de l’argent de leur livret réglementé pour le rediriger ailleurs.
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La destination principale de ces flux, c’est l’assurance-vie. La collecte sur les contrats (fonds euros et multisupports) atteint des niveaux que l’on n’avait pas vus depuis plusieurs années. La remontée des taux obligataires a redonné de l’attractivité aux fonds euros, dont les rendements avaient été déprimés pendant la période de taux bas.
Pour ceux qui cherchent à suivre ces mouvements de marché au fil des semaines, les analyses publiées sur le site infos-investisseurs.com permettent de croiser différentes sources avant de prendre une décision.
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Ce qu’on observe sur le terrain : les épargnants arbitrent entre sécurité et rendement réel. Le Livret A reste garanti, mais son taux ne suit plus l’inflation perçue par les ménages. Les contrats d’assurance-vie multisupports, eux, permettent de panacher entre fonds euros sécurisés et unités de compte exposées aux marchés actions ou obligataires. Le risque augmente, mais le potentiel de rendement aussi.

SCPI en 2024 : un nouveau cycle d’investissement immobilier
Les SCPI traversent une phase de recomposition depuis début 2024. Plusieurs nouveaux véhicules ont été lancés pour profiter d’un contexte bien précis : la baisse des prix de l’immobilier professionnel combinée à la remontée des taux.
Les nouvelles SCPI achètent des actifs décotés avec des rendements locatifs plus élevés. Ces gestions mettent en avant des stratégies opportunistes, que ce soit le repositionnement d’actifs existants, des thématiques régionales ciblées ou des secteurs précis comme la logistique ou la santé.
France SCPI parle d’un « renouveau » du marché sur la période 2024-2026. En pratique, cela signifie que les SCPI récentes n’ont pas de patrimoine acheté au prix fort des années 2021-2022 dans leurs portefeuilles. Pour un investisseur, c’est un avantage : le prix de la part reflète la valeur actuelle du marché, pas un historique gonflé.
Ce qu’il faut vérifier avant de souscrire
- La date de création du véhicule : une SCPI lancée en 2024 achète à des prix corrigés, contrairement à celles qui portent encore des actifs acquis au sommet du cycle
- La stratégie d’acquisition affichée : opportuniste sur un secteur précis (bureaux reconvertis, commerce de proximité, santé) ou généraliste sans angle clair
- Les frais d’entrée et de gestion, qui varient fortement d’un véhicule à l’autre et grèvent le rendement net sur les premières années
- Le taux d’occupation financier du parc existant, qui donne une indication de la capacité du gestionnaire à trouver et garder des locataires
Les retours varient sur ce point, mais les SCPI thématiques récentes semblent attirer davantage de collecte que les véhicules diversifiés plus anciens.
Mécanisme d’ajustement carbone européen : ce que ça change pour les marchés financiers
La réglementation carbone européenne a des répercussions directes sur les portefeuilles d’investissement en 2024. L’Union européenne met en œuvre en 2026 le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), qui impose l’achat de certificats carbone sur certaines importations à forte intensité carbone (acier, ciment, aluminium, engrais, électricité).
Pour un investisseur particulier, cela a des conséquences directes sur plusieurs secteurs cotés. Les entreprises européennes déjà soumises au marché carbone (ETS) voient leurs coûts de conformité augmenter, mais le CBAM rétablit une forme d’équité avec les importateurs qui, jusqu’ici, ne payaient rien.
ETF et fonds actions : l’angle ESG se durcit
Les règles de traçabilité et de qualité des crédits carbone se renforcent en parallèle. Pour les fonds estampillés ESG, cela signifie un tri plus sévère des entreprises éligibles. Un ETF labellisé « climat » en 2024 ne contient pas les mêmes valeurs qu’en 2022.
Les investisseurs qui détiennent des ETF sectoriels (industrie lourde, énergie, matériaux) doivent vérifier si les entreprises en portefeuille sont exposées positivement ou négativement au CBAM. Une entreprise européenne d’acier « vert » pourrait bénéficier du mécanisme, tandis qu’un importateur dépendant de fournisseurs extra-européens verra ses marges comprimées.

Actions, ETF et gestion du risque : arbitrages concrets pour 2024
Sur les marchés actions, le CAC 40 et les indices européens évoluent dans un contexte de taux élevés mais stabilisés. La gestion du risque passe par la diversification entre classes d’actifs, pas par la concentration sur un seul indice ou un seul secteur.
Quelques arbitrages qui se posent concrètement :
- Renforcer la poche obligataire (fonds euros, obligations d’entreprise investment grade) tant que les taux restent à ces niveaux, car un futur cycle de baisse réduirait les rendements disponibles
- Maintenir une exposition actions via des ETF larges (monde ou Europe) plutôt que des paris sectoriels trop concentrés
- Intégrer une part de SCPI récentes pour capter le cycle immobilier bas, en acceptant une liquidité plus faible que sur un PEA
Laisser son épargne sur un Livret A dont le taux stagne alors que l’assurance-vie et les marchés offrent des alternatives documentées représente un coût d’opportunité mesurable. Les données réglementaires et les historiques de rendement sont accessibles : chaque arbitrage gagne à être confronté aux chiffres avant toute souscription.